Historique

  La volonté de résistance qui se manifesta au sein de l’immigration polonaise en France fut structurée en 1941 par M. Alexandre KAWALKOWSKI, ex-Consul Général de Pologne à Lille, selon des méthodes de clandestinité déjà éprouvées en Pologne.  

Déjà au mois de juin 1941, M.KAWALKOWSKI rencontre à Perpignan un officier polonais, M. Czeslaw BITNER, spécialiste du sabotage et de l’espionnage; les deux hommes ont appliqué les structures et les méthodes de combat et de conspiration adaptées à la situation des polonais en France.  

Sous l’impulsion de M. KAWALKOWSKI, la P.O.W.N. est devenue la deuxième plus importante organisation de résistance contre l’occupant allemand en France.  

Le site P.O.W.N

se propose de mettre à la disposition de tous:


- les informations actuellement en sa possession 

- de permettre à celles et ceux qui le désirent de s’informer sur les actions réalisées durant cette période. 

 

 

ORGANIGRAMME

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LA RESISTANCE POLONAISE A ETE ORGANISEE EN 1941 A LYON par monsieur KAWALKOWSKI, alias "Justyn". 

Son Organisation exprimait la volonté de l'émigration polonaise de lutter contre l'envahisseur; elle était soutenue par le Gouvernement  Polonais à Londres, à la tête duquel se trouvait le Général SIKORSKI. 

L'importance et la concentration des populations polonaises (surtout dans le Nord et le Pas de Calais) ainsi que la présence des cadres militaires, et des soldats repliés fin 1939, expliquent la rapidité et l'ampleur de la mise sur pied d'organisations de résistance polonaise en France. 

Deux mois après sa création se formaient dans le Nord les premières sections dirigées par messieurs: GORSZE, KEDZIA, FELISIAK, RYNCARZ, BERNA...et encore beaucoup d'autres qui sont entrés immédiatement en contact avec le capitaine Stanislaw LACH, et avec Jean NOWAK, premiers agents de liaison du Midi. Presque en même temps, en novembre 1941, s'organise sous l'initiative de Jozef SZCZERBINSKI, six cellules de socialistes polonais dans lesquelles se trouvent des membres d'organisations tel que T.U.P., F.E.P. et F.R.P. avec L.BARAN, T.KRAWCZYNSKI, J.OSTROWSKI, V.JASNIEWICZ et d'autres. Peu après monsieur MAJCHERCZYK d'Harnes organise un réseau -Aigle Blanc- qui travaille dans les environs de Oignies, Libercourt et Ostricourt. 

En 1942, s'installent dans le Nord le capitaine SZCZESNY, le sous-lieutenant Thadeusz PACZKOWSKI, Jozef CZAPLEWSKI, PLUTA et Jozef MIKON. Le contact se fait avec SZCZERBINSKI, qui l'avant-veille de son arrestation et déportation (à Mathausen) incorpore son réseau dans l'Organisation de Résistance P.O.W.N.

En octobre 1942 se joignent à la POWN, les organisations de Résistance "Maria" et "L'Aigle Blanc" ainsi que presque tous les mouvements de Résistance de Belgique, dont le principal but était de s'occuper, d'aider les prisonniers de guerre évadés. Les résistants polonais du Nord, de Belgique et de Hollande  mènent leur action ensemble sous la direction du gouvernement polonais de Londres. Dans leurs rangs se retrouvent des Polonais de tout horizon, de toute croyance. 

La résistance avait un caractère militaire, normal, pour les personnes au courant de ses activités. 

Le Gouvernement Polonais de Londres donnait ses instructions par l'intermédiaire du Chef principal jusqu'aux Chefs de sections. Le Chef de POWN avait le pouvoir de  donner des avancements aux sous-officiers suivant leurs activités dans le groupe. 

Les Membres de la POWN  prêtaient serment  et s'engageaient courageusement et honnêtement à exécuter les ordres de leurs Chefs.  

 

#Copie d'un des serment dont l'original se trouve au Musée Municipal de la ville d'Harnes (62) 

 Enfin le Gouvernement attribue à chaque membre le droit  à une indemnité mensuelle purement symbolique,sachant que l'attribution d'une solde régulière sous l'occupation allemande était matériellement impossible.

Le Gouvernement Polonais exigeait de la Résistance une activité tant politique que militaire. Le but principal de l'activité politique était de créer l'unité de toute l'Emigration polonaise, de tous les partis, de toutes les organisations désirant combattre pour l'indépendance de leur Patrie. Ce but a été pleinement réalisé: dans les rangs des résistants se trouvaient des "Sokols", des "Strzelcy", des membres du T.U.R.(organisation socialiste ), des syndicalistes, des catholiques, des prêtres, des scouts, des mineurs, des instituteurs, des commercants, des jeunes, des vieux, des hommes et des femmes  

de tout horizon.

Il n'était pas possible, étant donné le travail de conspiration, d'enrôler dans cette Résistance toute l'émigration patriotique polonaise. 

Le deuxième travail de la Résistance était  de faire une propagande parmi les émigrés, non membre de la POWN, par moyens de contacts personnels et par la presse .

Les journaux: Walka(combat), Komunicat(communiqué), Sztandar(l'étendard), Wyzwolenie(Libération), étaient des moyens pour cette activité.

 

# ARCHIVES PRIVEES

Nous attirons votre attention sur le dernier paragraphe qui met en garde chaque résistant et sa famille dans le cas ou ils trouvent ce journal "Sztandar" et l'incite à le rendre à la personne qui lui a donné.


Le troisième but était l'élaboration du programme social et politique prévu pour la libération. Le Comité Central, les comités Régionaux, et les Comités Locaux ont pris part à l'élaboration de ce programme, publié en septembre 1944, sous forme d'un manifeste. 

Le Gouvernement Polonais et l'Etat Major des Forces Alliées imposaient à l'organisation de la résistance : 

1)l'aide aux prisonniers de guerre évadés, ainsi qu'aux aviateurs alliées parachutés en France, Belgique, et Hollande en organisant des filières d'évasion; 

2)l'organisation et la recherche des renseignements militaires et économiques; 

3)le ralentissements de la production industrielle et militaire pouvant servir aux occupants; 

4)la préparation des opérations de sabotage et leur exécution; 

5)la préparation d'un éventuel atterrissage des forces aériennes alliées; 

6)la préparation d'une grève générale dans les mines françaises, en cas d'ordre des forces alliées; 

7)les préparations et instructions militaires des groupes devant participer  aux opérations, en cas de débarquement avec l'aide des aviateurs; 

8)le retardement de la retraite de l'armée allemande; 

9)la réception des parachutages; 

10)la fabrication de la propagande anti-allemande; et la désorientation de l'occupant; 

11)la préparation de l'incorporation dans l'armée polonaise;..... 

Toutes ces obligations ont été exécutées par la POWN, et particulièrement  par les membres de la région Nord/Pas de Calais, qui ont apporté leur aide à des centaines de soldats alliés, surtout celle de Belgique qui a rendu d'énormes services. 

La POWN est entrée en contact  avec la résistance française pour  coordonner et collaborer le plus possible; il y a lieu de souligner que conformément aux accords entre le Haut Commandement de F.F.I. et le Haut Commandement de la POWN., notre organisation collaborait avec les F.F.I.. 


transcrit 10/2007

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Voici ce qu'écrit Thadeusz JAGOSZEWSKI "Jago"

dans ses souvenirs (livret non daté). 

 

CAMPAGNE DE FRANCE 

"Grande Puissance, sortie victorieuse de la première guerre mondiale, la France s'est laissée surprendre en juin 1940. Elle a pu se relever au prix de rudes épreuves, grâce à l'aide de ses anciens alliés: la Grande-Bretagne, les Etats-Unis, même l'Union Soviétique. D'ailleurs, de par son ancienneté, sa culture, sa position géographique, elle fut de tout temps indispensable à l'Europe. En juin 1940, le gouvernement de la France s'est cru obligé de demander l'armistice à Hitler. La partie était militairement perdue dans la métropole, mais alors qu'en 1870 la France se trouvait seule en face de la Prusse, en 1940 elle avait des alliés et un Empire colonial. Hors de combat, et privée de tout potentiel militaire, la France fut mise en alerte par divers services spéciaux, anglais, américains, russes et avant tout par les réseaux de la France Libre. Les Anglais, pour leur part, prirent contact avec le gouvernement Polonais réfugié à Londres afin de prendre appui sur la nombreuse colonie polonaise  de France. C'est ainsi que, dès l'occupation de la moitié du pays et l'installation du gouvernement précaire de Vichy, la résistance contre l'envahisseur commençait à s'organiser. D'autres réseaux s'implantaient à côté de ceux de la France Libre: des anglais comme Buckmaster et Farmer, l'IMOS américain et d'autres encore.

Le Général de Gaulle protestait auprès des Britaniques, parce qu'ils organisaient en France des services spéciaux recrutant des français qu'ils traitaient en mercenaires.

 

LES BRITANINIQUES ET LA COLONIE POLONAISE EN FRANCE 

De ce fait, la nombreuse colonie polonaise de France n'échappa pas à l'attention des Britanniques. Dès 1941, un accord est conclu entre le professeur KOT, ministre de l'intérieur dans le cabinet du Général SIKORSKI et Lord SELBORN, ministre de la guerre économique, afin d'utiliser la colonie polonaise dans l'effort de guerre des alliés. Moyennant une dotation, le gouvernement polonais s'engage à créer en France un puissant réseau de diversion et de sabotage, visant à faire sauter les ponts et les voies ferrées, à détruire les noeuds ferroviaires, à paralyser les centrales electriques, ect.... 

La section qui s'occupe des affaires polonaises porte le cryptogramme EU/P et agit dans le cadre de "Spécial Opérations Executive" (SOE). La tâche de cet organisme est d'intervenir contre les ennemis de l'Empire Britannique par la propagande politique et par des actions opérationnelles. La propagande et la politique ont été confiées à un organisme spécial appelé "Warfare Political Exécutive", alors que la direction des opérations est divisée en différentes sections nationales: française, belge, polonaise qui s'étendent sur l'ouest et l'est de l'Europe. Le Centre SOE prépare également des spécialistes pour fomenter des complots dans les pays occupés en utilisant les services des différents réseaux de renseignements et de diversion. Au début de 1943, le SOE commence à entraîner un groupe de soldats polonais qui doit constituer le noyau d'une future compagnie de parachutistes.

Winston CHURCHILLh, voulant rompre avec le système pratiqué  jusqu'alors dans le contre-espionnage, a soin de ne pas subordonner les services spéciaux au Ministère de la guerre, mais les rattache au Ministère de la Guerre Economique. La SOE a de plus pour mission de former de nombreuses branches d'information, de diversion, de sabotage. Il fournit aux mouvements de résistance des armes, des munitions, de l'argent et les approvisionnements en postes émetteurs. Il entretient des camps d'entraînement en Angleterre et en Ecosse. Les volontaires doivent acquérir des connaissances militaires de navigation, suivre un entraînement de parachutiste et connaître parfaitement l'utilisation des armes et du matériel de sabotage. Dans d'autres disciplines, ils apprennent à se mouvoir et à vivre dans des endroits hostiles. En 1943, à la tête du SOE, se trouve le général COLIN-GUBBINS, officier de carrière qui s'est déjà distingué pendant la première guerre mondiale en prenant part à l'expédition de Mourmansk et d'Archangelsk. En 1940, lors de la campagne de Norvège, il dirige les services de renseignements. 

La manoeuvre stratégique qui incombe à la section EU/P  consiste à utiliser la masse de la colonie polonaise en France aux fins des Alliés. Il s'agit de commencer des préparatifs militaires qui serviront au moment du débarquement pour provoquer un soulèvement en France. Y participeraient, bien entendu, les Polonais. La section EU/P devait utiliser aux fins du SOE toute la colonie polonaise d'Europe occidentale et plus particulièrement de France. Mais, vu la signification et le rôle que joue le Gouvernement Polonais en exil et vu la contribution des forces polonaises pour la défense de la Grande-Bretagne, cette organisation n'eut pas l'intention d'utiliser la colonie polonaise sans le consentement de son gouvernement, alors que, par rapport à d'autres nationalités, la même méthode n'a pas été employée. Néanmoins, il existait une divergence de vues entre le Gouvernement polonais et le Gouvernement britanique. En effet, le Gouvernement polonais considérait l'émigration polonaise comme une réserve humaine avec laquelle il pourrait compléter et élargir les cadres de son armées pour rentrer avec elle en Pologne. En revanche, les Britanniques comptaient utiliser cette colonie comme élément humain de diversion. Toutefois, les Polonais furent d'accord pour rendre des services limités au SOE, dans la mesure où ils eussent pu réaliser leurs propres desseins patriotiques. Ce point de vue prévalut après la désastreuse diversion du réseau "NURMI". Néanmoins, à cette époque, il existait déjà l"Action Continentale", confié au Gouvernement polonais. Le parachutage qui lui était destiné eut lieu aux environs de Périgeux, fin mai 1941, mais les containers tombèrent entre les mains de la police de Vichy..... 

L'Action Continentale qui dépendait du Ministère de l'Intérieur groupait le personnels d'anciens employés du corps diplomatique et consulaire, naguère collaborateurs du colonel BECK, sans qu'ils pussent toutefois pénétrer les milieux ouvriers et artisanaux. Un an plus tard, les Anglais demandèrent à connaître les résultats. Comme rien n'avait été fait dans le domaine de la diversion et du sabotage, Lord SELBORN demanda au général SIKORSKI de confier l'Action Continentale à l'armée, menaçant de faire couper les crédits. Toutefois, comme le Chef d'Etat-Major polonais exigeait préalablement la suppression de l'Action Continentale, la tâche opérationnelle militaire fut confié au Ministre de la Guerre, le général  KUKIEL. Ces tractations se firent en dehors de toute entente   avec le Comité des Français Libres, d'où une certaine   réserve de DE GAULLE à l'égard de ce mouvement. Cette lacune dans la coopération fut comblée plus tard, la veille du débarquement allié en France, par le Chef Militaire de la Résistance Polonaise en France, le Colonel DANIEL, qui conclut un accord avec le Chef Militaire Français, le général CHABAN-DELMAS...   

Au cours des discussions, les Anglais renoncèrent à l'organisation d'un centre de diversion dans la région de Caen et au sabotage des centrales électriques du mur de l'Atlantique. Toutefois, ils acceptèrent comme base d'action militaire, le plan d'opération Lille-Cambrai en le réduisant à l'action de partisans. En outre, ils acceptèrent la proposition du commandant SZUMOWSKI: 

1)de créer dans la région Armentières-Arras-Béthune-Cambrai-Valenciennes, une organisation pas très nombreuse pour des raisons de sécurité, de groupes autonomes qui ne se connaissaient pas, auxquels il serait envoyé des instructeurs, des opérateurs-radio, des armes et des munitions par voie de parachutage. 

2)d'organiser en Grande-Bretagne une compagnie de parachutistes, composée des Polonais venant de  France, connaissant le terrain et la langue française. 

3)de nommer un officier d'Etat-Major en France, responsable de toute action, avec mission de prendre le commandement sur l'ensemble de la résistance militaire polonaise en France et en Belgique et en Hollande. 

CE PLAN reçut le nom de "BARDSEA" 

Pour l'exécution de toutes ces tâches, fut créé une section des Affaires Spéciales, ayant pour sigle WSS-MONN, avec le commandant Thadée SZUMIKOWSKI comme chef. Le général SIKORSKI désigna, pour prendre le commandement de la résistance polonaise militaire en France, le commandant d'artillerie Antoine ZDROJEWSKI, qui plus tard se rendit célèbre sous le pseudonyme de "DANIEL". 

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LES RENSEIGNEMENTS POLONAIS EN FRANCE         

Le capitaine WAZNY, alias "Tygrys-Tigre" chef de la région disposait de sept officiers instructeurs, quatre radio-opérateurs et un réseau composé de plus de trois mille personnes. Ce réseau a répertorié toutes les infrastructures militaires allemandes de la région et les renseignements transmis à Londres.

Suite à ces renseignements, l'aviation alliée a détruit 83 sites de lancements de V1, 10 dépôts de missiles, 17 trains de matériels militaires, 60 positions de cantonnements et des réseaux de télécommunications allemands.

# collection privée

 

Article en cours de rédaction sur les action s et le rôle de Wazny " Tygrys"

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# collection privée de l'article relatant la disparition et l'activité d'Owidiusz et
du poste radio émetteur clandestin
basé à Leforest

 


Toute personne ne souhaitant pas voir mentionner son nom, ou celui de sa famille, peut en demander le retrait, conformément à la législation en vigeur.

Vous disposez d'un droit à la suppression à tout moment. 

(Loi "Informatique et Libertés" du 6 janvier 1978)

  

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  POWN dit RESEAU MONICA
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59239 THUMERIES